Terres

Si l’accaparement des terres est un phénomène ancien, la ruée massive vers les terres agricoles fertiles par les investisseurs, les spéculateurs et les entreprises alimentaires et de biocarburants est un phénomène récent et de grande ampleur. Au cours des dix dernières années, depuis que GRAIN a révélé et mis le problème à l’ordre du jour mondial, l’accaparement des terres est devenu l’un de nos domaines de travail les plus actifs. 

GRAIN contribue par ses travaux de recherche, d’information et de proximité. Nous apportons également notre soutien aux luttes de différentes organisations de la société civile contre les transactions foncières de grandes entreprises, en particulier en Asie et en Afrique. Il s’agit principalement de développer des capacités et des stratégies et de créer des alliances avec nos partenaires pour faire peser dans la balance. 

Les fonds de pension : des acteurs clés dans l’accaparement mondial des terres agricoles

Les acquisitions de terres agricoles à grande échelle provoquent conflits et controverses dans le monde entier. Un nombre croissant d’études montrent que ces projets sont mauvais pour les communautés et qu’ils encouragent une forme d’agriculture qui n’est absolument pas adaptée à un monde secoué par de graves crises alimentaires et environnementales. Et pourtant, les fonds continuent à déferler sur les terres agricoles à l’étranger, comme attirés par un aimant. Une situation qui s’explique par les rendements qu’on peut attendre de ces investissements. Et parmi ceux qui recherchent les bénéfices dans la terre agricole, certains des principaux acteurs sont des fonds de pension, qui investissent des milliards de dollars dans ce secteur.

Les acquisitions de terres agricoles à grande échelle provoquent conflits et controverses dans le monde entier. Un nombre croissant d’études montrent que ces projets sont mauvais pour les communautés et qu’ils encouragent une forme d’agriculture qui n’est absolument pas adaptée à un monde secoué par de graves crises alimentaires et environnementales. Et pourtant, les fonds continuent à déferler sur les terres agricoles à l’étranger, comme attirés par un aimant. Une situation qui s’explique par les rendements qu’on peut attendre de ces investissements. Et parmi ceux qui recherchent les bénéfices dans la terre agricole, certains des principaux acteurs sont des fonds de pension, qui investissent des milliards de dollars dans ce secteur.

Il est temps de proscrire l’accaparement des terres, pas question de le rendre 'responsable' !

Du 18 au 20 avril 2011, une rencontre de 200 investisseurs agricoles, responsables gouvernementaux et fonctionnaires internationaux aura lieu au siège de la Banque mondiale à Washington, afin de discuter la façon “d’opérationnaliser” les acquisitions foncières à grande échelle de façon responsable. À Rome, le Comité de la sécurité alimentaire mondiale, installé dans les locaux de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, s’apprête à lancer un processus de consultation sur les principes proposés pour réglementer ces transactions. De leur côté, conscients de l’extrême urgence de la situation, les mouvements sociaux et les organisations de la société civile (OSC) se mobilisent pour mettre fin à l’accaparement des terres et défaire les accords déjà en application. Pourquoi La Banque mondiale, les agences onusiennes et bon nombre de gouvernements concernés s’efforcent-ils de favoriser ces accords d’accaparement de terres comme des “investissements agricoles responsables”?

Du 18 au 20 avril 2011, une rencontre de 200 investisseurs agricoles, responsables gouvernementaux et fonctionnaires internationaux aura lieu au siège de la Banque mondiale à Washington, afin de discuter la façon “d’opérationnaliser” les acquisitions foncières à grande échelle de façon responsable. À Rome, le Comité de la sécurité alimentaire mondiale, installé dans les locaux de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, s’apprête à lancer un processus de consultation sur les principes proposés pour réglementer ces transactions. De leur côté, conscients de l’extrême urgence de la situation, les mouvements sociaux et les organisations de la société civile (OSC) se mobilisent pour mettre fin à l’accaparement des terres et défaire les accords déjà en application. Pourquoi La Banque mondiale, les agences onusiennes et bon nombre de gouvernements concernés s’efforcent-ils de favoriser ces accords d’accaparement de terres comme des “investissements agricoles responsables”?

Nouvel accord agricole en Argentine: Le «guide» du parfait accapareur de terres

Le gouvernement de la province de Río Negro, en Argentine et l’une des plus grosses entreprises d’agrobusiness de Chine s’avancent sur la voie d’un accord qui brade des milliers d’hectares de terres argentines pour la production de soja et de céréales destinés à l’exportation. Le gouvernement provincial de Río Negro a vendu ce projet comme un « accord de production alimentaire » et un investissement pour l’irrigation de la basse vallée de la province. Il prétend que c’est une nécessité, étant donné que le gouvernement national refuse de financer les infrastructures d’irrigation. Mais les communautés locales et les populations de toute l’Argentine font entendre leur voix et dénoncent ce projet comme l’abandon pur et simple des terres à la production industrielle de soja.

Le gouvernement de la province de Río Negro, en Argentine et l’une des plus grosses entreprises d’agrobusiness de Chine s’avancent sur la voie d’un accord qui brade des milliers d’hectares de terres argentines pour la production de soja et de céréales destinés à l’exportation. Le gouvernement provincial de Río Negro a vendu ce projet comme un « accord de production alimentaire » et un investissement pour l’irrigation de la basse vallée de la province. Il prétend que c’est une nécessité, étant donné que le gouvernement national refuse de financer les infrastructures d’irrigation. Mais les communautés locales et les populations de toute l’Argentine font entendre leur voix et dénoncent ce projet comme l’abandon pur et simple des terres à la production industrielle de soja.

Le rapport de la Banque mondiale sur l’accaparement des terres : au-delà du rideau de fumée

Le 7 septembre 2010, la Banque mondiale a publié son rapport très attendu sur l’accaparement des terres agricoles au niveau mondial. Du point de vue de GRAIN, ce rapport est à la fois une déception et un échec. Très peu de données nouvelles et précises sont présentées sur la manière dont ces transactions d’accaparement des terres se concrétisent sur le terrain. Les résultats que la Banque expose effectivement (qui indiquent que la tendance à l’accaparement des terres est très forte et en progression, que les communautés n’en bénéficient pas et que les conditions dans lesquelles se réalisent ces accords sont tout à fait déplorables) corroborent ce que beaucoup disent depuis déjà deux ans. Il n’y a même aucune mention réelle de la façon dont la Banque est directement impliquée. En grande partie, ce rapport déploie un rideau de fumée sur les potentiels et les opportunités, ce qui ne peut que nous amener à conclure qu’il y a un énorme décalage entre ce que dit la Banque mondiale, ce qui se passe sur le terrain et ce qui est vraiment nécessaire. En ce moment, de nombreux gouvernements et organisations de la société civile demandent à ce qu’on mette un frein d’une manière ou d’une autre à cet accaparement des terres, un aspect que l’étude ignore pour l’essentiel. Traduciones: English   Español

Le 7 septembre 2010, la Banque mondiale a publié son rapport très attendu sur l’accaparement des terres agricoles au niveau mondial. Du point de vue de GRAIN, ce rapport est à la fois une déception et un échec. Très peu de données nouvelles et précises sont présentées sur la manière dont ces transactions d’accaparement des terres se concrétisent sur le terrain. Les résultats que la Banque expose effectivement (qui indiquent que la tendance à l’accaparement des terres est très forte et en progression, que les communautés n’en bénéficient pas et que les conditions dans lesquelles se réalisent ces accords sont tout à fait déplorables) corroborent ce que beaucoup disent depuis déjà deux ans. Il n’y a même aucune mention réelle de la façon dont la Banque est directement impliquée. En grande partie, ce rapport déploie un rideau de fumée sur les potentiels et les opportunités, ce qui ne peut que nous amener à conclure qu’il y a un énorme décalage entre ce que dit la Banque mondiale, ce qui se passe sur le terrain et ce qui est vraiment nécessaire. En ce moment, de nombreux gouvernements et organisations de la société civile demandent à ce qu’on mette un frein d’une manière ou d’une autre à cet accaparement des terres, un aspect que l’étude ignore pour l’essentiel. Traduciones: English   Español

Le Millennium Challenge Corporation américain : l’Afrique livrée au big business

Le Millennium Challenge Corporation (MCC) du gouvernement américain. Comme le montrent clairement ses projets fonciers expérimentés au Mali, au Ghana, au Mozambique et au Bénin, le MCC joue un rôle clé dans la marchandisation des terres agricoles africaines et dans leur ouverture à l’agrobusiness américain.

Le Millennium Challenge Corporation (MCC) du gouvernement américain. Comme le montrent clairement ses projets fonciers expérimentés au Mali, au Ghana, au Mozambique et au Bénin, le MCC joue un rôle clé dans la marchandisation des terres agricoles africaines et dans leur ouverture à l’agrobusiness américain.

Les nouveaux propriétaires fonciers

Avec tout ce qu’on entend sur la “sécurité alimentaire” et les déclarations déformées des médias, il n’est sans doute pas évident pour tout le monde que les principaux responsables de l’actuel accaparement des terres ne sont pas les pays ou les gouvernements, mais les grandes entreprises. L’attention s’est vraiment focalisée sur le rôle d’États comme l’Arabie saoudite, la Chine ou la Corée du Sud, alors qu’en réalité, même si les gouvernements facilitent les accords, ce sont des entreprises privées qui prennent le contrôle de la terre. Et leurs intérêts ne sont tout simplement pas les mêmes que ceux des gouvernements.

Avec tout ce qu’on entend sur la “sécurité alimentaire” et les déclarations déformées des médias, il n’est sans doute pas évident pour tout le monde que les principaux responsables de l’actuel accaparement des terres ne sont pas les pays ou les gouvernements, mais les grandes entreprises. L’attention s’est vraiment focalisée sur le rôle d’États comme l’Arabie saoudite, la Chine ou la Corée du Sud, alors qu’en réalité, même si les gouvernements facilitent les accords, ce sont des entreprises privées qui prennent le contrôle de la terre. Et leurs intérêts ne sont tout simplement pas les mêmes que ceux des gouvernements.

Le CGIAR impliqué dans l'accaparement des terres au niveau mondial

Un document interne récemment mis en ligne sur le site web de l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) révèle que cet institut a conseillé l’Arabie saoudite dans le cadre de sa stratégie d’acquisition de terres agricoles à l’étranger pour assurer sa propre production alimentaire.

Un document interne récemment mis en ligne sur le site web de l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) révèle que cet institut a conseillé l’Arabie saoudite dans le cadre de sa stratégie d’acquisition de terres agricoles à l’étranger pour assurer sa propre production alimentaire.

L’Association des femmes paysannes de Corée et l’accord foncier entre Daewoo et Madagascar

Daewoo Logistics est une filiale du conglomérat sud-coréen Daewoo Corporation. En novembre 2008, les médias internationaux ont rapporté que la firme coréenne était en train d’acquérir des droits sur 1,3 million d’hectares de terres agricoles à Madagascar, soit la moitié des terres arables du pays.  Beaucoup de gens dans le monde ont été choqués par cette annonce et ont qualifié cette démarche de néocolonialiste. GRAIN a rencontré Han Young Me, de l’Association des paysannes de Corée, pour savoir ce que les agriculteurs coréens pensent du contrat de Daewoo et de l’offensive globale du gouvernement coréen pour amener les grandes entreprises à aller produire à l’étranger l’alimentation nécessaire au pays.

Daewoo Logistics est une filiale du conglomérat sud-coréen Daewoo Corporation. En novembre 2008, les médias internationaux ont rapporté que la firme coréenne était en train d’acquérir des droits sur 1,3 million d’hectares de terres agricoles à Madagascar, soit la moitié des terres arables du pays.  Beaucoup de gens dans le monde ont été choqués par cette annonce et ont qualifié cette démarche de néocolonialiste. GRAIN a rencontré Han Young Me, de l’Association des paysannes de Corée, pour savoir ce que les agriculteurs coréens pensent du contrat de Daewoo et de l’offensive globale du gouvernement coréen pour amener les grandes entreprises à aller produire à l’étranger l’alimentation nécessaire au pays.

Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière

La synergie actuelle entre la crise alimentaire et la crise financière a déclenché un nouvel « accaparement des terres » au niveau mondial. D’un côté, des gouvernements préoccupés par l’insécurité alimentaire qui recourent à des importations pour nourrir leurs populations s'emparent de vastes territoires agricoles à l’étranger pour assurer leur propre production alimentaire offshore. De l’autre, des sociétés agro-alimentaires et des investisseurs privés, affamés de profits dans un contexte d’aggravation de la crise financière, voient dans les investissements dans des terres agricoles à l’étranger une source de revenus importante et nouvelle. De ce fait, des terres agricoles fertiles sont de plus en plus privatisées et concentrées. Si elle devait rester incontrôlée, cette main basse sur les terres à l’échelle planétaire pourrait sonner le glas des petites exploitations agricoles et des moyens de subsistance ruraux dans bien des régions du monde.

La synergie actuelle entre la crise alimentaire et la crise financière a déclenché un nouvel « accaparement des terres » au niveau mondial. D’un côté, des gouvernements préoccupés par l’insécurité alimentaire qui recourent à des importations pour nourrir leurs populations s'emparent de vastes territoires agricoles à l’étranger pour assurer leur propre production alimentaire offshore. De l’autre, des sociétés agro-alimentaires et des investisseurs privés, affamés de profits dans un contexte d’aggravation de la crise financière, voient dans les investissements dans des terres agricoles à l’étranger une source de revenus importante et nouvelle. De ce fait, des terres agricoles fertiles sont de plus en plus privatisées et concentrées. Si elle devait rester incontrôlée, cette main basse sur les terres à l’échelle planétaire pourrait sonner le glas des petites exploitations agricoles et des moyens de subsistance ruraux dans bien des régions du monde.