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Les programmes alimentaires publics constituent un outil puissant pour la souveraineté alimentaire, à condition d’être bien conçus

by FIAN, GRAIN & StreetNet International | 13 Apr 2026

Éditorial


Chaque année, les gouvernements consacrent plus de 84 milliards de dollars des États-Unis aux programmes nationaux d’alimentation scolaire, 99 % de cette somme étant financés directement par les budgets nationaux. Ces programmes publics d’approvisionnement et de distribution alimentaires, qui achètent et fournissent des denrées alimentaires aux écoles, aux hôpitaux publics, aux maisons de retraite ou aux prisons, représentent une part significative du marché global des produits alimentaires. Lorsque les gouvernements affectent ces fonds à l’achat d’aliments nutritifs d’origine locale, provenant de petites exploitations et de petits commerces, ces programmes peuvent constituer un moyen efficace de lutter simultanément contre la malnutrition, la pauvreté, le changement climatique et la perte de biodiversité.

En s’approvisionnant auprès de fermes agroécologiques, de plateformes alimentaires locales et de petites entreprises, les programmes alimentaires publics peuvent soutenir les cuisines communautaires tout en garantissant des moyens de subsistance décents aux petites structures de production et de distribution alimentaires, notamment aux commerces de rue et de marché, ainsi qu’à d’autres groupes marginalisés. Ils peuvent également fournir aux populations, en particulier aux plus démunis, des aliments frais, culturellement appropriés et nutritifs. Ces initiatives peuvent considérablement améliorer la santé publique et dynamiser l’économie locale. De plus, elles peuvent créer des espaces de participation communautaire, réunissant parents, élèves, producteurs et productrices locales, responsables publics et professionnel·les de santé, afin de concevoir collectivement les programmes.

L’approvisionnement alimentaire public peut également contribuer à influencer positivement les habitudes alimentaires tout en préservant les cultures alimentaires locales. Grâce à une conception judicieuse des menus, les écoles et autres établissements peuvent s’approvisionner en fruits et légumes locaux sans dépasser leurs budgets, tout en créant un espace d’apprentissage collectif sur l’importance des circuits courts. Ces programmes peuvent même s’attaquer aux problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement, par exemple en collaborant avec les structures d’approvisionnement pour utiliser des matériaux d’origine végétale, comme les feuilles de bananier, à la place des emballages en plastique.

Malheureusement, les avantages potentiels des programmes alimentaires publics sont souvent bloqués par la manière dont ils sont conçus et mis en œuvre. Les programmes alimentaires publics centralisés et imposés par le haut favorisent la corruption et le népotisme, et profitent aux puissantes entreprises agroalimentaires. Ils reposent souvent sur des aliments préparés et ultra-transformés pour des raisons de commodité, ce qui freine la demande en ingrédients frais et locaux. De plus, les appels d’offre publics imposent une charge administrative importante et des contrôles rigoureux pour garantir la redevabilité, ce qui peut pénaliser la participation des petites structures locales d’approvisionnement.

Pour libérer le véritable potentiel des programmes alimentaires publics, nous devons considérer l’alimentation comme un bien public essentiel, en nous appuyant sur les réseaux locaux d’approvisionnement déjà existants – des petites exploitations aux commerces de rue informels, en passant par les consommateurs et consommatrices. Il est essentiel de mettre en place un système d’approvisionnement décentralisé, dans lequel les collectivités locales jouent un rôle central et où les communautés bénéficiaires participent directement à la conception et à la mise en œuvre des programmes.

Certains programmes alimentaires publics montrent l’exemple dans ce sens. Au Brésil, la société civile a réussi à faire adopter une loi récemment entrée en vigueur qui porte de 30 à 45 % la part du budget national consacré aux repas scolaires devant être allouée à des exploitations familiales pratiquant des méthodes agroécologiques, en donnant la priorité aux producteurs et productrices autochtones, aux Quilombolas, aux bénéficiaires de la réforme agraire et aux femmes. En mai 2025, la municipalité de Nueva Vizcaya, aux Philippines, a adopté une ordonnance pour un approvisionnement alimentaire public sain, qui encourage l’achat d’aliments complets et nutritifs grâce à des partenariats avec les fermes et les pêcheries locales.

Dans ce numéro, nous nous penchons sur l’importance d’impliquer les commerces de rue et de marché dans les dispositifs publics d’approvisionnement alimentaire, ainsi que sur les défis rencontrés par deux programmes alimentaires publics, qui mettent en évidence l’importance de la décentralisation et de la diversité : le programme indonésien de repas gratuits pour les enfants et le système indien de marchés publics.


Photo: Quezon City, Philippines. 28 juillet 2018. Des enfants font la queue lors d'une opération de distribution de repas dans le cadre d'une action communautaire. Alamy



À travers le monde

Indonésie : le programme de repas gratuits pour les enfants et l’essor des « oligarchies alimentaires »

Des mères manifestant contre le programme MBG à Yogyakarta, en Indonésie, le 18 octobre 2025. (Ibu Berisik)


Janvier 2026 marque le premier anniversaire du lancement du programme « Makanan Bergizi Gratis » (MBG, ou « Repas nutritifs gratuits »), qui offre des repas gratuits aux enfants, principalement par l’intermédiaire des écoles. Il s’agit de l’une des huit initiatives phares de la présidence de Prabowo Subianto en Indonésie. Le MBG avait été un programme phare pendant la campagne présidentielle et est resté prioritaire depuis l’entrée en fonction de Prabowo. Ce programme est promu comme une initiative politique majeure visant à résoudre les problèmes nutritionnels de l’Indonésie. Il est également présenté comme un programme capable de soutenir les petites et moyennes entreprises et créer des emplois, dans la mesure où il est mis en œuvre par et pour la population.

Cependant, sa mise en œuvre suscite de vives inquiétudes. Loin de renforcer les systèmes alimentaires locaux et d’améliorer la situation nutritionnelle, ce programme favorise la corruption, le contrôle oligarchique et la corporatisation dans le secteur agroalimentaire indonésien. Des informations provenant de différentes régions montrent que les repas fournis dans le cadre du programme MBG sont souvent insuffisamment nutritifs, car composés d’aliments conditionnés et ultra-transformés, et peuvent être dangereux, plus de 20 000 cas d’intoxications alimentaires ayant déjà été signalés à travers le pays.

La gouvernance et le contrôle de ce programme de grande envergure suscitent également une inquiétude croissante. Au cours de sa première année, le programme disposait d’un budget de 71 000 milliards de roupies (4,2 milliards de dollars), soit environ 10 % du budget de l’éducation nationale en Indonésie. Lorsque l’approvisionnement et la distribution alimentaires sont centralisés et impliquent d’importants flux financiers, les risques de mauvaise gestion et de captation de rente augmentent inévitablement. Jusqu’à présent, le programme n’a guère contribué à l’autonomisation des petites structures de culture ou de production alimentaires, ni des cuisines communautaires. Il risque au contraire de concentrer les chaînes d’approvisionnement entre les mains d’un petit nombre de gros fournisseurs et d’acteurs du monde des affaires.

La mise en œuvre centralisée et verticale du programme MBG a exclu les communautés locales et, dans de nombreux cas, affaibli le rôle des familles et des communautés en tant que piliers fondamentaux de la sécurité alimentaire. Au lieu de s’appuyer sur les systèmes alimentaires locaux existants et la participation communautaire, comme les gouvernements précédents avaient tenté de le faire, le programme a confié le contrôle aux autorités du MBG et à de grandes institutions, telles que le Badan Gizi Nasional (BGN/Office national de la nutrition), voire à la police et à l’armée, qui supervisent la distribution des repas. De plus, la mise en œuvre du programme MBG semble avoir renforcé la participation de grandes entreprises étrangères, telles que Danone, Nestlé et Frisian Flag (Friesland Campina) en tant que fournisseurs au sein du programme MBG.

« Menu de repas nutritif gratuit aujourd'hui, 13 mars 2026, à l'école primaire Tente 02 (Nusa Tenggara occidental) ». IG@astutiningsieh Des inquiétudes ont également été exprimées quant au fait que les cuisines MBG pourraient être exploitées ou contrôlées par des acteurs étroitement liés à des réseaux politiques, notamment des partis ayant soutenu la campagne présidentielle de Prabowo, des élites locales, des responsables publics, et même des institutions telles que l’armée et la police. Une telle configuration risque de renforcer les dynamiques déjà existantes de corruption, de clientélisme et de contrôle oligarchique, dans lesquelles l’accès aux ressources publiques dépend de l’allégeance politique et des positions institutionnelles. Dans certains cas, le programme MBG pourrait même fragiliser les systèmes communautaires de distribution alimentaire qui, depuis longtemps, soutiennent les économies locales et les moyens de subsistance en Indonésie.

Présenté à l’origine comme une initiative de protection sociale, le MBG tend ainsi à devenir un espace de rivalités politiques et économiques, favorisant l’émergence de « nouvelles oligarchies alimentaires » au détriment du contrôle exercé par les familles, les communautés et les systèmes alimentaires locaux.

- Nurul Aini (sociologue à l’université Gadjah Mada et membre de l’Alliance des mères de Yogyakarta, qui organise régulièrement des manifestations contre le programme MBG dans les rues de Yogyakarta, en Indonésie, depuis septembre 2025.)




La sécurité nutritionnelle de l’Inde passe par un système alimentaire décentralisé et diversifié

Marché aux légumes dans un village d'Azamgarh, Uttar Pradesh (Raj Shekhar)

Le système alimentaire indien se caractérise par une grande diversité de cultures, qui a contribué à renforcer les approvisionnements alimentaires aux niveaux local et national, ainsi que le dynamisme économique. Les petits exploitations agricoles, en particulier au sein de communautés marginalisées, ont joué un rôle central dans cette dynamique. Des conditions environnementales favorables, associées à une approche locale et durable, ont permis de produire une alimentation variée et riche sur le plan nutritionnel. Cependant, le système de marchés publics n’a pas su valoriser cette diversité, en grande partie en raison d’une méconnaissance, aux plus hauts niveaux décisionnels, de la grande variété de cultures produites par les populations agricoles indiennes.

Une solution à ce problème consiste à décentraliser l’approvisionnement alimentaire pour l'amener au niveau local. Une telle évolution permettrait à la fois d’améliorer la qualité nutritionnelle des programmes de sécurité alimentaire, mais aussi avoir un impact positif sur les économies locales.

Des apports nutritionnels insuffisants
Au lendemain de son indépendance, l’Inde a traversé une grave crise alimentaire liée à une production insuffisante, l’obligeant à importer des céréales pour nourrir des millions de personnes. Dans les années 1960, l’Inde s’est attachée à renforcer sa sécurité alimentaire grâce à la Révolution verte qui visait à atteindre l’autosuffisance. La Food Corporation of India (FCI) a été créée pour acheter des céréales à un prix minimum garanti annoncé à l’avance, afin de garantir des revenus équitables aux populations agricoles, de maintenir des stocks régulateurs et de distribuer des céréales aux plus démunis par le biais d’un système public de distribution.

En 2013, grâce à la mobilisation populaire et aux revendications en faveur du droit à l’alimentation pour tous et toutes, la loi nationale sur la sécurité alimentaire a été adoptée, offrant ainsi une garantie juridique et consacrant la responsabilité de l’État en matière de droit à l’alimentation. Depuis l’adoption de cette loi, l’Inde a mis en place un système d’approvisionnement robuste, avec d’importantes réserves alimentaires constituées chaque année. L’autosuffisance du pays reste cependant limitée aux céréales, notamment le riz et le blé, qui ne répondent pas aux besoins nutritionnels d’une alimentation saine. Compte tenu du rôle essentiel que joue le système public de distribution alimentaire, dans un contexte où une partie importante de la population n’a pas les moyens d’accéder par elle-même à une alimentation variée, il s’agit là d’une occasion manquée majeure, qui entraîne des répercussions sur la santé et le bien-être de la population, les moyens de subsistance des producteurs et productrices, ainsi que sur les économies locales. Des denrées alimentaires essentielles telles que les légumineuses, les oléagineux et les légumes ne figurent toujours pas parmi les priorités du gouvernement en matière d’approvisionnement public et ne sont donc pas incluses dans le système public de distribution alimentaire.

En limitant les achats publics à une gamme restreinte de céréales, ce système a contribué à un apport nutritionnel insuffisant pour la majorité de la population indienne. Les oléagineux et les légumineuses sont pourtant des cultures essentielles pour garantir un apport nutritionnel adéquat et font partie de l’alimentation quotidienne de millions d’habitant·es. Malgré cela, l’Inde reste dépendante des importations pour ces deux matières premières, ce qui la rend très vulnérable aux fluctuations de prix. En 2024, l’Inde importait environ 60 % de ses besoins en huiles alimentaires et environ 10 % des légumineuses consommées sur le marché intérieur. Le rapport 2024 de la FAO intitulé « L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde » indique que 55,6 % de la population indienne n’a pas les moyens de s’offrir une alimentation saine.

Un dédain pour les systèmes alimentaires locaux
Les coûts de production élevés constituent un autre facteur qui nuit à la diversité des systèmes alimentaires locaux. La culture maraîchère était auparavant rentable pour les petites exploitations, mais la récente hausse des coûts de production fait que ces dernières subissent désormais des pertes nettes. Autrefois, le gouvernement subventionnait, voire fournissait gratuitement, des semences et des engrais afin de limiter les coûts, mais ces aides, tout comme les investissements publics dans les infrastructures rurales, ont été réduits, laissant les communautés agricoles à la merci des marchés pour satisfaire leurs besoins en intrants.

Pour répondre à la question du travail agricole et des coûts de production, il est important de garantir également un prix minium de soutien pour les légumes. Il est essentiel de fixer les prix des légumes en tenant compte des coûts réels pour assurer des revenus nets et rémunérer à sa juste valeur le travail des familles agricoles. Dans l’État du Kerala, le gouvernement régional a été le premier à instaurer un prix minimum de soutien pour les légumes en 2020, en fixant un prix plancher pour 16 produits, parmi lesquels figuraient des légumes, des fruits et des tubercules. Ces mesures visant à encourager la diversification des cultures contribuent à la nutrition et à la biodiversité, et aident l’Inde à retrouver son autonomie en matière de protéines et d’huiles alimentaires.

Des programmes alimentaires publics diversifiés et décentralisés pour renforcer l’approvisionnement et la nutrition
Le filet de sécurité alimentaire mis en place en Inde dans le cadre de la loi nationale sur la sécurité alimentaire joue un rôle important dans la lutte contre la faim et la malnutrition. Toutefois, il ne repose pas sur une approche systémique de l’alimentation prenant en compte l’ensemble des étapes, de la production à la consommation, afin de garantir l’accès, la disponibilité et l’accessibilité financière d’une alimentation diversifiée. Dans ce contexte, certaines questions liées à l’agriculture méritent une attention particulière. Une décentralisation du système de sécurité alimentaire, avec des achats décentralisés au niveau local, permettrait non seulement de réduire les coûts de transport des céréales, mais aussi d’améliorer la qualité nutritionnelle des paniers alimentaires.

Le programme de petits-déjeuners de l’État du Tamil Nadu est un bon exemple de programme alimentaire localisé et nutritif, dans lequel des repas préparés localement par des groupes d’entraide dirigés par des femmes contribuent de manière significative à la santé et à la nutrition des écoliers. La Commission de planification de l’État du Tamil Nadu a indiqué que ce programme avait entraîné une baisse de 63,2 % des hospitalisations chez les enfants d'écoles primaires publiques, ainsi qu’une réduction de 70,6 % des maladies graves en 2024.

Il est essentiel d’investir dans la mise en place d’un système alimentaire décentralisé, diversifié et équitable, tout en mettant en place des mesures de protection sociale solides. Une approche axée sur les systèmes alimentaires locaux dans les politiques d’approvisionnement public permet non seulement de soutenir une alimentation diversifiée et nutritive pour la population, mais aussi d’améliorer les moyens de subsistance et les économies locales. Cela permettra de renforcer la résilience face aux crises futures, tout en garantissant la sécurité alimentaire pour tous et toutes.
- par Raj Shekhar (Co-coordinateur de la Campagne pour le droit à l’alimentation en Inde et chercheur au Centre for Financial Accountability)



Marchés publics : une occasion manquée pour les commerces de rue de l’économie informelle ?

Vendeur/vendeuse de nourriture à Ouakam, Dakar, Sénégal (Marta Moreiras, 2022)


Depuis des décennies, les autorités municipales considèrent les commerces de rue soit comme une source de recettes fiscales, soit comme un problème d’ordre public à gérer – le plus souvent par la violence, l’expulsion ou la confiscation de marchandises. Cependant, un nombre croissant de travaux montrent que ces commerces peuvent – et devraient – être considérés comme des partenaires à part entière des institutions publiques. En intégrant les commerces de rue dans les systèmes d’approvisionnement public, les villes peuvent transformer l’économie informelle en un levier au service de systèmes alimentaires plus durables.

L’inclusion des commerces de rue dans les marchés publics présente notamment l’avantage de créer des circuits alimentaires plus courts et plus résilients. Au Kenya, par exemple, le programme Access to Government Procurement Opportunities (AGPO) réserve 30 % des marchés aux groupes marginalisés, créant ainsi un « effet d’entraînement » par lequel le marché public incite les commerces de rue et les petits commerces à entrer volontairement dans l’économie formelle en obtenant un statut juridique reconnu.

En outre, l’approvisionnement direct auprès des communautés locales permet de garantir que les fonds publics restent au sein de l’économie locale. Les réseaux décentralisés de petits vendeurs et vendeuses sont souvent plus adaptables aux perturbations de l’approvisionnement que les entreprises de restauration industrielle centralisées ; ils favorisent également un meilleur accès des communautés à une alimentation de qualité et culturellement appropriée.

Ce modèle n’est pas sans poser quelques difficultés. Les programmes alimentaires publics exigent souvent une charge administrative importante, des procédures de conformité et des obligations de déclaration en ligne qui peuvent exclure précisément les populations qu’ils visent à soutenir. De nombreux petits commerces ne disposent pas des capacités administratives, des compétences numériques, de l’accès à Internet ou des ressources financières nécessaires pour gérer les procédures d’appel d’offres complexes. Des problèmes de corruption peuvent également survenir. Par exemple, bien que le programme kenyan comporte un volet numérique destiné à lutter contre la corruption, des failles permettent à certaines personnes, y compris des responsables publics, d’enregistrer de petites entreprises dans le programme en utilisant des identités frauduleuses, afin de remporter des marchés au détriment des véritables candidats.

En tant qu’alliance de travailleurs et travailleuses de l’économie informelle, nous estimons que la formalisation est plus efficace lorsqu’elle est présentée comme un outil d’inclusion et de développement économique plutôt qu'une mesure punitive. En offrant un accès clair aux marchés publics, les commerces de rue peuvent être repensés comme des prestataires de services professionnels. Cette évolution peut améliorer leurs moyens de subsistance et faciliter leur intégration dans le tissu urbain. Les marchés publics peuvent devenir un levier d’intégration sociale et économique. Pour les commerces de rue, cela signifie passer de la périphérie au cœur des systèmes urbains. Pour le public, cela signifie un système alimentaire plus démocratique et davantage ancré localement. Soutenir l’économie informelle par des politiques d’achat inclusives ne consiste pas à « nettoyer » les rues dans une logique autoritaire et néolibérale, mais à construire des villes plus équitables.

-par StreetNet International


Brèves


Md Zakariya Khan, Fortune India

La hausse des prix du gaz liquéfié et les pénuries d’approvisionnement liées à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran font rapidement grimper le coût des denrées alimentaires à travers l’Inde, affectant à la fois les vendeurs et vendeuses de rue et les restaurants. Selon une enquête menée par LocalCircles et publiée le 17 mars, « plus d’un consommateur sur deux interrogé affirme que les commerces de rue et les restaurants ont augmenté leurs prix au cours de la semaine dernière. » Ces résultats s’appuient sur les réponses de plus de 38 000 consommateurs et consommatrices dans 309 districts.

Marc Wegerif, The Conversation

Le marché de produits frais de Johannesburg constitue la principale source d’approvisionnement pour le vaste secteur informel de la vente au détail, qui compte plus de 10 000 acheteurs réguliers enregistrés, parmi lesquels des vendeurs et vendeuses de rue, des marchand·es ambulant·es et de petites structures de vente au détail. Il représente le pilier de l’accès aux produits frais dans les quartiers à faibles revenus. Pourtant, ce marché est menacé par une série de défis, tels que la concurrence des supermarchés, la dégradation des infrastructures et la domination persistante d’intermédiaires majoritairement masculins et blancs sur le marché.

Raj Patel, Canadian Centre for Policy Alternatives

Le système oligopolistique de distribution alimentaire au Canada, où cinq grandes chaînes se partagent 80 % du marché, suscite un scepticisme croissant et alimente l’idée de créer des épiceries bon marché gérées par l’État. L’expérience acquise aux États-Unis et au Mexique montre que ces épiceries publiques peuvent fonctionner à grande échelle et indépendamment des systèmes de distribution des grands distributeurs. Elles peuvent améliorer l’accès à des aliments abordables, soutenir la production locale et créer des emplois bien rémunérés.

Liengu Etaka Esong, Cameroon Tribune

La deuxième initiative « Green Market », organisée par la Synergie nationale des paysans et riverains du Cameroun (SYNAPARCAM), s’est tenue à Mbonjo en décembre 2025. Les communautés agricoles, des îles fluviales jusqu’aux criques de Mbonjo, souffrent depuis longtemps des coûts de transport élevés et des prix défavorables pratiqués par les intermédiaires. Le Green Market a fourni des moyens de transport, des locaux de stockage, des formations et un soutien financier afin d’aider les femmes des zones rurales à trouver des acheteurs fiables pour leurs produits écologiques et à les vendre à des prix équitables.

Gaea Cabico, Sentiment

Le gaspillage alimentaire représente 8 à 10 % des émissions mondiales totales. Aux États-Unis, la majorité des surplus alimentaires finit dans des décharges ou des incinérateurs, où ils libèrent du méthane, un puissant gaz à effet de serre. À compter du 1er juillet 2026, la Californie mettra en œuvre la première législation du pays interdisant l’utilisation des « dates limites de vente » sur les produits alimentaires afin d’éviter qu’elles ne soient confondues avec les date de péremption, et obligeant les entreprises à faire don des denrées alimentaires encore consommables qui seraient autrement jetées.

Jordan Valinsky, CNN Business

Amazon ferme ses magasins Amazon Fresh et Amazon Go, certains d’entre eux devant être transformés en magasins Whole Foods Market. Cette décision marque un nouveau recul du géant du commerce en ligne dans ses efforts pour s’implanter dans le commerce de détail traditionnel.




Supermarket Watch est un bulletin électronique trimestriel destiné aux mouvements sociaux qui suit l’évolution de la vente au détail et de la distribution alimentaire dans le monde. Il est produit conjointement par FIAN International, GRAIN et StreetNet International. Cliquez ici pour vous abonner.


Author: FIAN, GRAIN & StreetNet International
Links in this article:
  • [1] https://www.wfp.org/news/wfp-report-finds-80-million-more-children-now-supported-national-school-meal-programmes
  • [2] https://www.gov.br/fnde/pt-br/assuntos/noticias/lei-amplia-compra-da-agricultura-familiar-para-o-pnae
  • [3] https://grain.org/fr/article/7309
  • [4] https://celios.co.id/makan-tidak-bergizi-tidak-gratis/
  • [5] https://www.tempo.co/politik/jppi-korban-keracunan-mbg-sudah-lebih-dari-20-ribu-orang-2101831
  • [6] https://www.bgn.go.id/news/siaran-pers/dukung-program-mbg-bgn-dan-danone-teken-mou
  • [7] https://beritakota.id/frisian-flag-indonesia-dukung-program-makan-bergizi-gratis/
  • [8] https://www.pib.gov.in/PressReleseDetailm.aspx?PRID=1753462®=3&lang=2
  • [9] https://www.jmbaxi.com/newsletter/isuue-xli/india-inching-atmanirbharta-in-pulses.html
  • [10] https://www.fao.org/publications/fao-flagship-publications/the-state-of-food-security-and-nutrition-in-the-world/fr
  • [11] https://www.peoplesdemocracy.in/2020/1101_pd/kerala-first-state-have-msp-vegetables
  • [12] https://www.indianjournals.com/ijor.aspx?target=ijor:jdfhs&volume=40&issue=4&article=009
  • [13] https://www.epw.in/journal/2021/28/letters/decentralisation-food-security-system.html
  • [14] https://theprint.in/india/governance/fewer-hospital-visits-improved-learning-metrics-tns-primary-schools-breakfast-scheme-passes-test/2556749/
  • [15] http://opengovpartnership.org/kenya-inclusive-public-procurement-story/
  • [16] https://www.pulse.co.ke/story/ruto-pressed-to-investigate-cartels-hijacking-billions-in-agpo-tenders-2025012008392799607
  • [17] https://grain.org/admin/articles/6662/edit#sdfootnote33sym
  • [18] https://www.fortuneindia.com/economy/more-than-half-of-consumers-say-street-vendors-and-restaurants-hiked-prices-in-the-past-week/131335
  • [19] https://theconversation.com/johannesburgs-produce-market-has-supplied-the-informal-sector-for-decades-a-refresh-is-due-268151
  • [20] https://www.policyalternatives.ca/news-research/how-public-grocery-stores-could-work-in-canada/
  • [21] https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/74371/fr.html/empowering-rural-women-green-market-initiative-in
  • [22] https://sentientmedia.org/the-climate-solution-in-americas-trash/
  • [23] https://edition.cnn.com/2026/01/27/food/amazon-fresh-go-closures
  • [24] https://grain.us12.list-manage.com/subscribe?u=8496963c2e947c60c2bd03f02&id=273f4e37e4