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Qui règne sur le poulailler ? La volaille industrielle contre la volaille communautaire en Afrique

by GRAIN | 24 Oct 2025


« Si vous descendez d'un avion n’importe où dans le monde et que vous achetez un œuf, il y a une chance sur deux que cet œuf ait été pondu par une poule dont les parents sont issus de nos lignées. »
– Frans van Sambeek, Hendrix Genetics, 2015[1]


Il n’y a pas si longtemps, le Ghana disposait d’un secteur avicole florissant. Après la décolonisation britannique, le gouvernement a favorisé la production commerciale en renforçant les services publics de vulgarisation pour soutenir les populations agricoles locales et en adoptant des politiques rigoureuses pour contrôler les importations d'intrants étrangers. Dans les années 1970, le pays était autosuffisant en poulet et en exportait même vers ses voisins. Puis sont arrivés la Banque mondiale et le Fonds monétaire international avec leurs politiques d’ajustement structurel, qui ont contraint Accra à privatiser et à libéraliser le secteur comme condition préalable à l’octroi de prêts – en ouvrant son marché aux importations bon marché venues d’Europe, du Brésil et des États-Unis. Aujourd’hui, le Ghana importe 90 % de ses besoins en viande de volaille. La production commerciale locale a en effet été anéantie et le pays est enlisé dans un gouffre sans fond d’endettement vis-à-vis des institutions de Washington.

Malgré cette érosion des richesses et des ressources locales, le moment est peut-être venu pour le Ghana de rectifier le cap.

Les organisations paysannes et les mouvements sociaux du Sud global s’efforcent depuis longtemps de résister à la « révolution verte » – un projet conçu par les milieux d’affaires étatsuniens pour imposer la modernisation agricole et ainsi neutraliser les agendas progressistes en faveur de la justice sociale depuis les années 1960. Une grande partie de cette mobilisation, d’Accra à Ahmedabad, s’est concentrée sur les semences, la terre, le commerce, puis plus récemment sur l’agroécologie. Mais qu’en est-il de l’élevage ? Et plus précisément, de l’aviculture ? Aujourd’hui, le modeste poulet est devenu une cible directe de l’expansion agroindustrielle et de l’arrogance « philanthrocapitaliste », surtout en Afrique. Pourtant, tout comme les semences locales, les races indigènes peuvent être farouchement défendues et améliorées, tant pour répondre aux besoins immédiats des communautés que pour servir des objectifs politiques plus larges.

Une race « améliorée »

Les poulets font depuis longtemps partie intégrante de nos basses-cours, de nos fermes et de nos systèmes alimentaires. L’espèce a été domestiquée il y a 8 000 ans en Asie du Sud-Est, avant de se répandre rapidement dans le monde entier. En Afrique, les poulets sont assez omniprésents. Ils représentent une source importante de revenus, de moyens de subsistance et de santé nutritionnelle, en particulier pour les femmes et les enfants. Les poulets fournissent des protéines abordables (viande et œufs) et sont faciles à élever. Ils constituent une forme d’épargne, de monnaie d’échange ou de liquidité, un élément central dans les rituels culturels et un cadeau lors des célébrations ou des deuils. Aujourd’hui, le poulet est la viande la plus consommée par habitant en Afrique, et sa consommation est celle qui connaît la croissance la plus rapide. Et il en va de même partout dans le monde. Il n’est donc pas étonnant que l’élevage de volailles attire de plus en plus la convoitise des grandes entreprises.

Au fil des siècles, les communautés rurales ont développé une grande diversité génétique de poulets, avec des races bien adaptées à leur environnement local. Pourtant, ce n’est qu’au début du XXe siècle que la sélection avicole, à l’instar de la sélection végétale, est devenue une industrie à part entière. Leurs histoires sont d’ailleurs étroitement liées. Aux États-Unis, le maïs hybride, qui allait devenir la pierre angulaire de l’agriculture industrielle, a été mis au point dans les années 1930 par Henry A. Wallace. Alors Secrétaire à l’Agriculture, il est ensuite devenu vice-président des États-Unis. Il a également fondé Pioneer Hi-Bred, la première multinationale semencière au monde. Peu de gens savent toutefois que Wallace avait également appliqué la même technique d’hybridation aux poulets. En 1954, sa race « Hy-Line » détenait déjà 20 % du marché étatsunien des poules pondeuses et, à un moment donné, elle représentait les trois quarts du marché mondial[2].

Aujourd’hui, le secteur avicole porte encore la marque de la vision de Wallace. La volonté de créer une race de poulet toujours plus « productive », bien adaptée à un régime à base de maïs et de soja issus de monocultures, a donné naissance à l’industrie avicole telle que nous la connaissons aujourd’hui. Alors que dans les années 1960, des centaines de sélectionneurs de volailles occupaient encore une place importante sur différents marchés à travers le monde, ils ne sont plus que trois aujourd’hui. Et, comme le maïs de Wallace, ils ont suivi le modèle de production d’hybrides qui ne transmettent pas leurs caractéristiques à la génération suivante. Résultat : les élevages qui misent sur ces races « améliorées » doivent régulièrement racheter un nouveau cheptel auprès des entreprises. Il en résulte une concentration à tous les niveaux : quelques entreprises produisent quelques races, qui dépendent de quelques cultures et d’un approvisionnement relativement centralisé en vaccins[3].

Après plusieurs vagues de fusions, trois entreprises contrôlent aujourd’hui le marché mondial de la génétique avicole. Tyson (États-Unis) et Eric Wesjohann Group - EWG (Allemagne) produisent la majeure partie des races de poulets de chair, c’est-à-dire destinés à la viande. Le même EWG et Hendrix Genetics (Pays-Bas) se partagent le marché des poules pondeuses. Dans ces deux segments, leur part de marché atteint environ 90 %, répartie à parts égales entre les deux entreprises[4]. Et qu’est devenu le célèbre poulet « Hy-Line » de Wallace ? Il appartient désormais à EWG.

Les effets de ce modèle, fondé sur une forte concentration des entreprises, sont bien connus. La production industrielle de volaille dans des installations à grande échelle est souvent associée à des problèmes sanitaires généralisés, à la souffrance animale due au manque d'espace, à des risques pour la santé de la main d’œuvre, à la pollution de l’air et de l’eau pour les communautés environnantes, et à la déforestation liée à la production de soja et de maïs dans des pays comme la Thaïlande ou le Brésil. Et c’est précisément ce segment du secteur avicole – la production industrielle – qui connaît aujourd’hui une croissance effrénée.

Percée en Afrique

En 2010, un employé américain d’une ONG en Ouganda, déçu par le secteur de l’aide humanitaire, s’est installé en Éthiopie pour rejoindre un ami persuadé qu’ils pouvaient gagner de l’argent grâce à l’élevage de poulets. Comme le raconte son associé, ils étaient « deux jeunes de banlieue sans aucune expérience dans le domaine avicole, qui tentaient de lancer une entreprise avicole en Afrique[5] ». À leurs yeux, l’Éthiopie était un pays de « 15 millions de petits agriculteurs et agricultrices utilisant des races banales qui ne produisaient pas suffisamment d’œufs[6] ». Ils ont donc fondé une entreprise appelée Ethiochicken, qui en moins de dix ans, est devenue un grand producteur de poussins d’un jour approvisionnant les petites exploitations agricoles à travers tout le pays.

Les deux Américains ont bénéficié d’un financement massif provenant de l’étranger. Leur cartographie des investisseurs ressemble à un véritable Qui-est-qui du financement de l’agrobusiness, de la Fondation Gates aux fonds de capital-investissement en passant par les banques de développement et les sociétés d’investissement émiraties. (Voir Graphique 1.) Le rôle de Bill Gates dans cette aventure est particulièrement notable. Par l’intermédiaire de son partenariat avec Ethiochicken, Bill Gates est en mesure de cibler les petits agriculteurs et agricultrices et de leur fournir des technologies censées améliorer leurs moyens de subsistance. La technologie utilisée ici repose sur des lignées améliorées, sous la forme de jeunes poussins. Mais derrière ce conte de fées se cachent quelques vérités essentielles.

Les poussins commercialisés par Ethiochicken appartiennent à une race appelée « Sasso », propriété exclusive de Hendrix Genetics, détenue par un groupe de capital-investissement. Le « Sasso » est un croisement entre des poules locales africaines et des lignées européennes. C’est un hybride exotique qui peut être élevé à la fois pour la viande et les œufs. Le modèle économique d’Ethiochicken consiste à remplacer les races locales par la race Sasso T451, pour laquelle l’entreprise détient une licence exclusive. Comme pour les semences brevetées, les poussins Sasso doivent être rachetés à chaque génération : un agriculteur ou une agricultrice ne peut pas assurer leur reproduction, car leurs performances se dégradent.

Cette activité de fourniture de poussins « d’élite » aux élevages implique souvent que les poussins soient vaccinés (avec des produits de multinationales pharmaceutiques) et nécessitent une alimentation spéciale (souvent à base de farine de soja ou de maïs enrichie en additifs nutritionnels). En réalité, l’alimentation constitue la dépense principale pour les exploitant·es qui achètent et élèvent des poussins industriels. Ethiochicken cible spécifiquement les petites productrices, qui ont besoin d’intrants à un prix accessible pour élever des poulets à petite échelle. Mais cette attention portée aux plus démuni·es n'a pas empêché l’entreprise de générer d’énormes profits pour ses investisseurs – l’un d'eux l’a qualifiée de « extrêmement rentable » – ni de s’étendre à cinq autres pays africains, devenant rapidement une multinationale à part entière[7].

Cette stratégie n’a pas non plus empêché son principal investisseur, Bill Gates, d’investir parallèlement dans des exploitations avicoles à grande échelle. En 2024, il s’est associé au cheikh Mohammed Al-Amoudi, homme d’affaires éthiopien-saoudien souvent présenté comme l’homme le plus riche d’Afrique[8]. Al-Amoudi possède MIDROC, une entreprise éthiopienne qui gère le plus grand élevage de volailles du pays, au sein du conglomérat Elfora Agro-Industries. Elfora est une exploitation agricole verticalement intégrée et très intensive qui produit de la viande de poulet, des œufs et des poussins d’un jour. (Le Graphique 2 illustre la montée en puissance du réseau d’investissements de B. Gates dans le secteur avicole en Afrique.)


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L’élevage de volailles haut de gamme ouvre la voie à des exploitations plus grandes, à davantage de spécialisation et, à terme, à une prise de contrôle par les entreprises. À mesure que les exploitations grandissent, les effets dévastateurs des maladies et conditions sanitaires s’intensifient. L’Afrique du Sud vient d’en faire l’amère expérience dans l’une de ses plus grandes fermes avicoles. Daybreak Foods, gérée par le fonds de pension national, a été confrontée à une crise financière soudaine. Les ouvriers et ouvrières ont cessé d’être payé·es et, en un rien de temps, des centaines de milliers de poulets sont morts de faim[9].

Un autre coût caché de cette concentration des entreprises dans l’industrie avicole en Afrique est l’asphyxie économique qu’elle engendre. Des experts soulignent à juste titre que les organismes de contrôle européens et étatsuniens sont responsables de la concentration des entreprises à laquelle l’Afrique est confrontée, car ce sont eux qui approuvent les fusions dans le secteur agroalimentaire mondial[10]. Cette concentration favorise les ententes, les cartels et les abus de pouvoir visant à fixer les prix en Afrique. La Zambie, le Malawi et l’Afrique du Sud ont subi des hausses excessives, des fluctuations de prix et même l’effondrement de certains marchés à cause de la concentration dans la génétique avicole et des alliances avec les fournisseurs d’aliments pour bétail. En 2024, des experts ont constaté que, pour maximiser ses marges, l’industrie de l’alimentation animale en Zambie payait les producteurs et productrices de soja à des prix si bas que ces derniers ont cessé d’en cultiver, provoquant un effondrement du marché[11]. Les petits producteurs et productrices, notent-ils, n’ont aucun pouvoir de négociation dans ce contexte. La concentration des entreprises, combinée au changement climatique, constitue une véritable bombe à retardement pour les élevages de volailles en Afrique australe.

La dynamique financière visant l’expansion de cette activité lucrative en Afrique est bien lancée. C’est dans le segment industriel que se concentrent la croissance, les investissements, les marges bénéficiaires, les subventions et le soutien politique. Les données ci-jointes présentent les principaux groupes intervenant dans la production et l’importation de poulet en Afrique par pays, ainsi que certaines des entreprises clés et leurs partenaires financiers. (Voir les graphiques ci-dessous, ainsi que le tableau 1.) Ensemble, elles brossent un portrait clair de la structuration actuelle de l’offre et de la demande en poulet industriel.

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Une trajectoire encore rectifiable

Malgré l’attrait (pour certains) des modèles de production industrielle, 85 % des cheptels de volailles en Afrique sont encore aujourd’hui constitués de races indigènes élevées dans des élevages familiaux. (Voir Encadré 1.) Ces volailles sont principalement élevées par des femmes et des enfants, nourris en liberté et avec les restes alimentaires des ménages, avec peu d’intrants extérieurs. Leur productivité est faible, faute de travail de sélection, et lorsqu’elles meurent jeunes, c’est généralement à cause d'une maladie locale ou d’un prédateur. Bien qu’elles constituent la majorité, ces volailles comptent peu dans les discussions politiques ou les statistiques commerciales. Pourtant, la biodiversité des poulets indigènes d’Afrique a énormément à offrir !

Peu de mesures ont été prises pour améliorer la biodiversité des poulets indigènes au niveau local. En réalité, les scientifiques estiment que la plus grande menace pour les races locales en Afrique est le croisement indiscriminé entre les races indigènes et exotiques[12]. Le travail phénoménal réalisé dans le domaine des semences montre que les approches de sélection menées par les communautés agricoles, facilitées par les organisations paysannes et les ONG, et soutenues par des scientifiques progressistes, peuvent avoir des effets spectaculaires. Pourquoi ne pas ouvrir davantage de programmes similaires pour l’élevage, notamment les poulets ? Avec un financement approprié, il est tout à fait possible de préserver le patrimoine génétique avicole africain avant qu’il ne soit trop tard. L’amélioration des races locales en collaboration avec les communautés locales pourrait dynamiser les marchés locaux, en particulier pour les acteurs du commerce de détail et de la restauration, comme le montre l’exemple du Burkina Faso, où le gouvernement cherche à promouvoir l’élevage de poulets indigènes à petite échelle.

Les politiques publiques peuvent vraiment avoir un impact considérable. De nombreux gouvernements africains ont pris des mesures pour stopper l’importation de poulets surgelés – appelés « poulets morgue » au Bénin – sur leurs marchés, que ce soit par des partenaires commerciaux internationaux ou africains. Ce commerce constitue souvent un « dumping » déguisé, qui a remplacé la production locale, entraînant une dépendance, une perte de marché pour les communautés agricoles et même des problèmes de santé. Le Bénin, la Namibie, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, le Zimbabwe et d’autres pays ont pris l’initiative audacieuse d’interdire ou de limiter ces importations et ont constaté les effets positifs que cela peut avoir pour soutenir la production locale. (Alors, qu’est-ce qui retient le gouvernement d’Accra ?) Des mesures réglementaires énergiques doivent aussi être prises pour réorienter les subventions et les dispositifs fiscaux, actuellement favorables aux entreprises, vers la production locale, et pour sanctionner les ententes et démanteler les oligopoles dans le secteur avicole.

Enfin, il serait sage de fermer la porte à Bill Gates et à ses partenaires en capital-investissement, ainsi qu’à leur idéologie biaisée sur la « modernisation », le « développement » et le « progrès ». Ces groupes défendent leurs propres intérêts pour leur seul profit. Les communautés africaines devraient définir elles-mêmes l’agenda afin de réaliser leur propre vision de souveraineté alimentaire et de libération. Espérons que les espèces agricoles traditionelles, comme la volaille, trouveront leur place dans cette vision.


Pour aller plus loin :
  • Le rapport de COPAGEN et GRAIN, « Labelliser le poulet bicyclette ? Des questions s’imposent ! », 10 septembre 2021, https://grain.org/fr/article/6718, analyse plus en détail le rôle de Bill Gates dans le secteur avicole en Afrique.
  • Les membres du Centre pour la concurrence, la réglementation et le développement économique, à Johannesburg, font un excellent travail de suivi de l’industrie avicole en Afrique et de lobbying en faveur d’une réglementation antitrust intelligente : https://www.competition.org.za/





Points clés concernant la mainmise des entreprises sur le secteur avicole en Afrique

▪ Trois entreprises contrôlent le secteur de la génétique avicole, tant à l’échelle mondiale qu’en Afrique : Tyson (États-Unis), EW (Allemagne) and Hendrix (Pays-Bas). Comme elles contrôlent l’approvisionnement physique du cheptel, elles n’ont pas tellement besoin de recourir à la propriété intellectuelle, aux contrats, aux secrets commerciaux ou à d’autres mesures juridiques.
▪ Le contrôle des entreprises sur la génétique avicole est lié aux ententes, aux cartels, à la fixation des prix et à d’autres pratiques qui nuisent aux communautés agricoles et aux consommateurs et consommatrices. Certains de ces méfaits font l’objet de poursuites, mais la plupart échappent aux sanctions.
▪ Bill Gates travaille à remplacer les cheptels de volailles indigènes en Afrique par de nouveaux hybrides qu’il juge « plus productifs » et « fantastiques ». Il cible à la fois les systèmes industriels à grande échelle et les volailles de basse-cour élevées par de petites agricultrices.
▪ Le poulet « Sasso », destiné aussi bien à la production d’œufs que de viande, et qui est soutenu par B. Gates, est un croisement entre des races burkinabè et françaises. Il est produit exclusivement en France par Hendrix, puis régulièrement acheminé par avion vers ses partenaires titulaires de licences basés en Afrique.
▪ Environ 85 % des élevages de poulets en Afrique sont constitués de volailles indigènes - et 70 % d’entre eux sont gérés par des femmes et des enfants. Mais les petits élevages et les poulets indigènes ne sont PAS au centre des politiques ni du financement du développement du secteur avicole en Afrique.
▪ La filière poulet est l’un des secteurs agricoles les plus dynamiques en Afrique, mais cette croissance concerne principalement les exploitations à grande échelle, et non les petits élevages.
▪ Le poulet est la première source de protéines animales (viande et œufs) en Afrique. Non seulement le poulet est facile à élever et abordable, mais il joue également un rôle important dans le bien-être culturel, économique et social des communautés rurales et urbaines.
▪ En Zambie, au Burkina Faso et dans d’autres pays, les poulets indigènes sont plus rentables pour les petits élevages que les races exotiques élevées en plein air. Les consommateurs et consommatrices préfèrent les races indigènes pour leur goût, leur texture et leurs bienfaits pour la santé, et sont prêt·es à payer davantage ces poulets.
▪ L’« édition génomique » sera bientôt appliquée à l’élevage avicole en Afrique pour lutter contre la grippe aviaire et déterminer le sexe des poussins (afin que les poules ne produisent que des femelles, évitant ainsi l’abattage des poussins mâles). Mais peu de pays africains disposent de lois à ce sujet. (À propos de lois, le Kenya dispose d’une loi sur les « droits des sélectionneurs de volaille », mais ils sont moins de 10 à être enregistrés).
▪ Les gouvernements peuvent jouer un rôle important en soutenant les approches menées par les communautés agricoles pour exploiter la riche biodiversité avicole de l’Afrique et encourager la sélection communautaire de poulets. Comme on l’a vu au Sénégal et au Bénin, les interdictions d’importation de poulets surgelés depuis l’Europe, les États-Unis ou le Brésil protègent réellement les producteurs et productrices au niveau local. Et les initiatives de sélection communautaire permettent de gérer à la fois la pression des maladies et le besoin d’une alimentation appropriée, sans intrants externes.



Photo : Poulet dans une ferme masaï à Kitengela, au Kenya (Flickr/ILRI/Stevie Mann)


[1] Cité dans Bert Theunissen, « Beauty or statistics: Practice and science in Dutch livestock breeding, 1900–2000 », University of Toronto Press, https://utppublishing.com/doi/book/10.3138/9781487507008
[2] John C. Culver et John Hyde, « American dreamer: A life of Henry A. Wallace », W.W. Norton & Co., 2001, https://wwnorton.com/books/9780393292046
[3] Selon l’article de GM Insights, « Poultry pharmaceuticals market », juillet 2025, cinq entreprises se partagent 65 % du marché des vaccins destinés à la volaille. https://www.gminsights.com/industry-analysis/poultry-pharmaceuticals-market
[4] Mehroosh Tak et al, « Identifying economic and financial drivers of industrial livestock production - the case of the global chicken industry », Tiny Beam, 2022, https://www.issuelab.org/resources/40548/40548.pdf
[5] John Aglionby, « EthioChicken: Ethiopia’s well-hatched idea », Financial Times, 16 mars 2018, https://www.ft.com/content/54b45d84-e4e2-11e7-a685-5634466a6915
[6] Idem.
[7] Propos tenus par Jacqueline Novagratz, PDG de la société de capital-investissement Acumen, lors d’une allocution prononcée devant l’Economic Club of New York le 29 septembre 2020 : https://www.econclubny.org/documents/10184/109144/2020NovogratzTranscript.pdf. Le secteur allemand de la coopération au développement, plus optimiste, parle de « faible risque, rendement élevé » : https://wirtschaft-entwicklung.de/fileadmin/user_upload/Downloads/Studie_Milch-_und_Fleischwirtschaft/Ethiopia_country_analysis.en.PDF.
[9] National Council of SPCAs, « More than a million chickens abandoned and starving / Daybreak Foods », 6 mai 2025, https://nspca.co.za/more-than-a-million-chickens-abandoned-and-starving-daybreak-foods/
[10] Sumayya Goga et Simon Roberts, « Multinationals and competition in poultry value chains in South Africa, Zambia, and Malawi », Centre for competition, regulation and industrial development, Johannesburg, août 2023, https://static1.squarespace.com/static/52246331e4b0a46e5f1b8ce5/t/6551d99f893a2c0601c82a57/1699862946752/Poultry+Antimonopoly+WP_SGSR.pdf
[11] Arthur Khomotso Mahuma et Namhla Landani, « High soybean prices in Zambia and Malawi may make chicken costly too: lack of competition is to blame », The Conversation, 18 mars 2025, https://theconversation.com/high-soybean-prices-in-zambia-and-malawi-may-make-chicken-costly-too-lack-of-competition-is-to-blame-250322
[12] On estime que ces pratiques entraînent la perte des caractéristiques adaptatives des populations de poulets indigènes, une réduction de la diversité, une imprévisibilité pour les petits élevages et, en fin de compte, une moindre résilience. « Poultry in the 21st century », FAO, 2008, https://www.fao.org/4/i0323e/i0323e01.pdf.
Author: GRAIN
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  • [3] https://grain.org/fr/article/6718
  • [4] https://www.competition.org.za/
  • [5] https://docs.google.com/spreadsheets/d/e/2PACX-1vR7klB4lMfPXPfKPfGAQbbtXQIKdbIb9tLQ4WBqfGjyRsGPd_tzEwg0PjMx7ejg6XqynLp-NmYDzBGP/pubhtml?gid=2100728912&single=true&widget=true&headers=false
  • [6] https://grain.org/admin/articles/6662/edit#sdfootnote33sym
  • [7] https://utppublishing.com/doi/book/10.3138/9781487507008
  • [8] https://wwnorton.com/books/9780393292046
  • [9] https://www.gminsights.com/industry-analysis/poultry-pharmaceuticals-market
  • [10] https://www.issuelab.org/resources/40548/40548.pdf
  • [11] https://www.ft.com/content/54b45d84-e4e2-11e7-a685-5634466a6915
  • [12] https://www.econclubny.org/documents/10184/109144/2020NovogratzTranscript.pdf
  • [13] https://wirtschaft-entwicklung.de/fileadmin/user_upload/Downloads/Studie_Milch-_und_Fleischwirtschaft/Ethiopia_country_analysis.en.PDF
  • [14] https://www.bloomberg.com/billionaires/profiles/mohammed-al-amoudi/
  • [15] https://nspca.co.za/more-than-a-million-chickens-abandoned-and-starving-daybreak-foods/
  • [16] https://static1.squarespace.com/static/52246331e4b0a46e5f1b8ce5/t/6551d99f893a2c0601c82a57/1699862946752/Poultry+Antimonopoly+WP_SGSR.pdf
  • [17] https://theconversation.com/high-soybean-prices-in-zambia-and-malawi-may-make-chicken-costly-too-lack-of-competition-is-to-blame-250322
  • [18] https://www.fao.org/4/i0323e/i0323e01.pdf